Notre mémoire nous joue des tours…

Notre mémoire nous joue des tours…
Ou comment l’Histoire construit son objectivité.

Nous avons vu les déclencheurs du cheminement vers la généalogie.
Nous avons compris le sens qu’il faut donner à la contextualisation des images, des faits et des actes d’une époque quelle qu’elle soit.
Nous avons vu que la mémoire individuelle synthétise, malgré elle, le souvenir en n’en gardant que les lignes de force.
Nous allons enfin voir que, quelle que soit l’époque, notre mémoire nous joue parfois des tours.

S’il est une époque que nous connaissons bien, c’est évidemment la nôtre. C’est sûr… nous la vivons, donc nous la connaissons.

Et pourtant !!!! Nous allons voir qu’il n’est pas si évident que cela, dans l’instant, d’activer, par la myéline de nos neurones, le bon souvenir, la bonne image et les bonnes associations. Événements, lieux, dates, s’entremêlent. Même pour notre époque contemporaine, et même pour les quinze dernières années, pourtant très proches de nous !….

Tout le monde, dans le monde occidental (à conditions que vous ayez eu plus de 18 ans dans les années 2000), se souvient très exactement de ce qu’il faisait et où il était, lorsqu’il a appris les attentats des « tours jumelles de NY» par exemple. Pourquoi ? Parce que l’impact émotionnel de l’évènement a été si fort, individuellement et collectivement, que la mémoire a ancré ce moment comme point de référence et de repère, dans notre inconscient individuel et collectif.

11-septembre-2001

11 septembre 2001_2

 

 

 

 

Partant de ce constat de repère de force émotionnelle, serions-nous capables de repositionner sur un frise temporelle 20 évènements de ces 15 dernières années?…. OUI ?… Eh bien, OK…. Nous allons essayer. (Bien évidemment l’exercice n’a de valeur que si le participant joue le jeu de sa propre mémoire, sans aide extérieure).

Voir quiz évènementiel n°1 début de 21ème siècle n°1 (20 questions) – 2008-2011
Pour les plus téméraires….
Voir quiz évènementiel n°2 début de 21ème siècle n°2 (59 questions) – 2001 -2008
(Cliquez sur les liens ci-dessus pour accéder aux Quiz).

Méthode : Vous positionner chaque évènement sur l’année qui est la sienne d’après ce que vous pensez. Par exemple Question1 – 2006 / Question 2 – 2003 / Question 3 – 2001   Etc. (Ces exemples ne sont pas forcément les bonnes réponses aux quiz proposés …). Le temps n’est pas limité.
Nous vous donnerons les réponses un peu plus loin.

Une fois votre (vos) quiz terminé(s) – (le n°1 ou/et le n°2) – et avant même de regarder la correction ; notez quel a été votre mode de fonctionnement mémoriel, c’est-à-dire comment vous avez fait pour attribuer une date à chaque évènement.

Par exemple :
1/ – J’ai lu une première fois les questions, j’ai repéré les évènements que je connaissais, et j’ai ensuite positionné les autres évènements par rapport à ceux que je connaissais.
2/ – J’ai essayé de me souvenir de l’année de chaque évènement
3/ – Je les ai classé d’après mes souvenirs… à peu près (plus ancien, moins ancien..)
4/ – J’ai associé à plusieurs évènements un souvenir personnel et ensuite je les ai classés en estimant que c’était avant ou après ce souvenir personnel…
5/ – J’ai fait des groupes d’évènements en fonction de ce que je pensais de leur ancienneté. Je les ai ensuite classés les uns par rapport aux autres.
6/ – Autre… Précisez…

Rassurez-vous. La majorité des personnes qui passent ce(s) quiz n’arrivent pas à 50% de réussite. Mais en réalité, la performance des résultats est bien secondaire. Plus encore que les résultats, c’est votre mode de fonctionnement qui nous intéresse.

En effet, nous voyons que, même pour des évènements contemporains, récents, de notre époque, l’échelle spatio-temporelle de chacun (donc la mémoire individuelle des évènements vécus) n’est pas uniforme. Il peut y avoir des formes et méthode de repérage mémoriel très diverses. Il est donc difficile de compter sur sa mémoire individuelle pour toute forme d’évènements et cela, même si l’on a une culture « informationnelle » très poussée.

De plus il faudrait encore rajouter à cette « distorsion », la notion de la perception du temps en fonction de l’âge du participant. Nous ne percevons pas le temps de la même façon si nous avons 25 ans ou si nous en avons 53. (Nous reviendrons sur ce sujet du temps dans la généalogie dans une autre série d’articles).

Ne pouvant donc se fier entièrement à la mémoire individuelle, il a donc fallu inventer une mémoire collective qui s’attache aux faits et aux marqueurs chronologiques pour les relater dans un ordre qui ne souffre pas de contestation. Cette mémoire collective s’appelle l’Histoire. C’est elle qui nous donne les éléments objectifs de la connaissance du passé.

Mais sachant que par définition l’Histoire relate le passé, nous avons vu que le fait de l’Histoire doit s’accompagner de son contexte pour éviter les distorsions interprétatives. (Voir article « Notre mémoire est impactée par des stéréotypes tenaces »).

La généalogie construit donc son objectivité sur la crédibilité de l’Histoire tant dans les faits que dans la lecture de ces mêmes faits, replacés dans leur contexte et leur époque.
Le généalogiste devra en tenir compte et respecter aussi la mémoire collective de l’Histoire.

Résultats du Quiz 20 questions « mémoire contemporaine » 2008 – 2011
Résultats du Quiz 59 questions « mémoire contemporaine » 2001 – 2008

(à suivre)

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